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mardi 20 avril 2010

Ecrire à Butembo - Page de couverture

Didier de Lannoy

alias « Vieux ba Diamba »


Ecrire à Butembo

« On m’envoie écrire ailleurs ! Ici, je dérange trop peut-être ? »


Compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps, à Kinshasa

Suivi d’un conte ampliatif, pas du tout pour enfants, « La princesse et le chasseur »




Ces textes ont été écrits à Kinshasa, entre* le 23 novembre 2007 et le 11 janvier 2008

pour et/ou avec le concours, notamment, involontaire ou complice, de (dans l’ordre alphabétique des « prénoms », comme il se doit) :

Abdou Maliq

Anastase Nzeza Bilakila, alias « Ya Nze »

Anaya

Bibish Mumbu

Cédric

César Lumbu, alias « Qui Saura »

Citronnelle

Clément Ndjoli Junior, alias « NCJ »

Filip De Boeck

In Koli Jean Bofane, alias « Fossoyeur Jones »

Jean-Pierre Kabeya Nyonga

Muka, alias « Petite Chérie », alias « Tantine Betena », alias « Motema Magique »

et notre fille cadette, Nadine, alias « Gododo », alias « Petit Bal », alias « Mère Courage »



* J'y retournerai un an plus tard. Cliquez sur :http://anaco3.over-blog.net/
Sur l'agence AnaCo, voir aussi: http://anaco1.blogspot.com/
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Ecrire à Butembo - Chapitre 11 - Des mesures urgentes s’imposent - Que demande le peuple ?

Didier de Lannoy
Butembo !
sous-titré On m’envoie écrire ailleurs ! Ici, je dérange trop ? compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps, à Kinshasa, 23 novembre 2007 - 11 janvier 2008
*
Extraits

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Des mesures urgentes s’imposent

Que demande le peuple ?


Deux jours sans délestage. Ou

- Une phase seulement, pas plus !

presque.

Ce n’est pas normal. Dois-je commencer à m’inquiéter ? Dois-je prendre des mesures, rapides, radicales et carrément définitives ? Et trouver d’autres prétextes pour sortir et rencontrer des amis, moissonner ou braconner des histoires ?

J’envoie un SMS

- Tu es bien rentré à Kin ? Tu es chez toi ce soir, sur Ikelemba ?

à Freddy Tsimba dont Françoise m’avait dit qu’il venait de revenir au Congo. Et je signe « Vieux Didier, mobali ya

- Muka ?

- Ayebi nkombo wana te !

Ana ». Mais il ne répond pas. Peut-être ne s’est-il pas encore tout à fait rebranché sur le réseau kinois ? Peut-être plane-t-il encore ailleurs ?

Je téléphone aussi à Chéri Samba. Deux anciens numéros. Et, apparemment, plus aucun n’est valable. Je vais tenter d’aller

- Je sais qu’il a quitté le quartier Kitokimosi, à Selembao et qu’il habite à présent Bandal mais je ne connais pas son adresse actuelle !

le surprendre. Là-bas. Dans son atelier de Ngiri-Ngiri. Tout à l’heure. Mais peut-être

- Une exposition était prévue à la fin de l’année en Italie, non ? Ou au début de l’année prochaine, non ?

n’est-il pas à Kinshasa.

Quel sera donc le programme de l’après-midi ?

Passer par l’hôtel Salama

- Y quoi faire, douchka ?

- Mais non, petite chérie, je n’y ai fixé aucun rencard à la Princesse Citronnelle ! Le Salama est un établissement sérieux ! Même Fiston Nasser Mwanza y loge et y travaille quand il débarque de Lubumbashi, c’est tout dire ! Je voudrais seulement vérifier si un « jardin » ou une « terrasse » (un vieux souvenir, très vague et peut-être erroné ?) y est toujours ouvert au public (autre que les clients de l’hôtel ?) et s’il y a moyen d’y donner rendez-vous à quelques amis…

faire un stop à l’atelier de Chéri Samba, essayer de débusquer Freddy Tsimba et Vincent Lombume Kalimasi du côté de la grand-place « Vis-à-Vis » et, finalement, n’ayant trouvé personne nulle part, terminer la soirée dans un bistrot quelconque de Matonge, Ngiri-Ngiri, Bandal ou Kintambo...

Voilà le programme !

Papa Antoine pourrait, certes, m’amener partout où je lui demanderais de me conduire. NCJ, « Mwana ya Yolo », c’est moins sûr. Il ne connaît ni le nom des rues, ni celui des bars, à peine celui des quartiers… mais pour nous dégoter, au pif, un bon petit bar, pas trop cher et légèrement frelaté, et partager des brochettes, des bouteilles de Skol et des Tumbaco avec

- « Avec mon Papa ! » s’enthousiasme NCJ

moi et

- Sauf s’il se met à insulter des militaires !

assurer ma « sécurité », on peut lui faire confiance. Dans ces questions-là, NCJ est certainement plus qualifié que Papa Antoine.

Coup de téléphone de Lolo Gelgessen (elle vient de passer quelques jours à Bruxelles et Muka lui a refilé mon n° de portable) : elle nous invite au resto, Nadine et

- Quand ça t’arrangera, Lolo ! On attend que tu nous fasses signe…

moi, un de ces prochains jours. Visite de Valérie, la fille d’Evariste, venue s’enquérir de mon n° de portable… et, une demi-heure après, coup de fil de Mabi : on organisera quelque chose un prochain week-end. SMS d’Eros, depuis Bruxelles : que je passe une bonne saison

- Quelles pluies ?

- Le déluge !

des pluies et que fasse bien gaffe

- Que je n’oublie pas de me couvrir ?

- Et d’enfiler tes gants de vaisselle avant d’échanger des « fluides corporels » !

à moi et

- Quels excès ? Le pili-pili sans doute ?

- Le tangawisi !

que j’évite les excès.

C’est bientôt l’embouteillage du matin, oooh ! Ça craint ! C’est presque du harcèlement ! Je ne serai

- Et Ana, elle ne t’accompagne pas ?

- Muka, alias « Tantine Betena », alias « Motema Magique » ? Elle veut que j’écrive un texte sur Kinshasa, elle ne veut pas (je ne veux pas que tu te caches derrière moi, me dit-elle de façon franchement désobligeante, la salope !) m’influencer !

- Comment ça ? Elle n’aime pas (c’est ce que tu prétends !) ce que tu écris et elle voudrait que tu écrives quelque chose sur une ville qu’elle adore ? Explique !

- Ben voyons ! On la connaît, Bobonne ! C’est une marrante, quoi ! Elle n’est pas seulement « magique », elle est aussi « mystique », non ?

- Mais ce ne sera plus un texte produit par l’agence de presse privée « Ana et le Congo » (AnaCo) alors ? Mais plutôt par une nouvelle agence « Le Congo sans Ana » (CosAna) ?

- Evidemment mais… pas vraiment, pas vraiment…

bientôt plus libre de mes journées...

Et Freddy Tsimba ?

Toujours pas de réponse à mon message.

Et NCJ ?

Il a dû déconner. Nadine l’avait envoyé faire réparer le système d’ouverture et de fermeture automatique des portières de la voiture… et (après une longue course-poursuite

- Des hommes armés ont tenté d’entrer de force dans le véhicule !

avec des militaires ?) il s’est retrouvé de l’autre côté de la ville, à Lemba, à court d’essence et en panne de démarrage. Le programme d’aujourd’hui est reporté à demain. Cette fois-ci j’enverrai d’abord un SMS à Vincent Lombume Kalimasi ?

Nadine, alias « Mamounet », alias « Mima » », me présente un petit shégué du quartier. Sukina le connaît bien et s’en occupe parfois. Il s’appelle Cédric.

Cédric a dix ans et la taille d’un enfant de six ou sept ans. Son sourire est touchant mais n’est pas larmoyant. Un sourire armé, vigilant, prudent… mais qui aimerait bien pouvoir se poser sur une épaule quelconque, s’attendrir. Cédric porte une petite sandale bleue, pour enfant, au pied gauche et

-Viens demain, je te passerai de nouvelles chaussures !

une grande lipapa rouge, pour adulte, au pied droit. Son père serait un domestique, sans doute payé au « salaire de base » habituel à Kinshasa, 35 à 40 dollars par mois (et moins encore, quand sa patronne est de mauvaise humeur… et qu’elle retient une partie de son argent parce qu’il s’est permis, en profitant de son jour de congé mensuel, de cacher dans ses affaires et de ramener à la maison la carcasse d’un poulet Wilki, importé d’Europe, sans demander la permission…), quelque part, là-bas, plus haut, à Ma Campagne. Dans sa boîte en carton, un oiseau dont les pattes sont ligotées

- Je le mangerai ce soir !

et un vieux portable rouillé, du genre demi-kwanga, sans batterie, ni fil, ni chargeur.

- Tu veux manger quelque chose ?

- Non !

- Qu’est-ce que tu veux alors ?

- De l’argent !

- Pour quoi faire ?

- Acheter des piles et téléphoner à mon papa !

Nadine lui donne

- Mais n’achète pas de piles, tu gaspillerais ton argent !

un peu d’argent et un sandwich au chocolat…

Décidément, ce soir, je n’ai plus trop envie de sortir…

Ni à Matonge, ni à Ngiri-Ngiri, ni à Bandal, ni à Kintambo. Ni même à « La Bénédiction de Dieu », chez


Une jeune maman cambiste, toujours en jeans, souriante et batailleuse (avec un sourire ravageur de rongeur… qui me fait penser à Cannabis), m’a dans le collimateur et cherche à faire plus ample connaissance ! Je devrai bientôt (omela nini ?) lui offrir un verre, non ?

- Ne restez pas sous la pluie, Madame, vos billets vont diminuer de valeur ! Venez plutôt vous asseoir à notre table, sous l’auvent !

- Skol ou Primus, je bois tout ! répond-elle

- Mokolo mususu, Mama ! Lelo naza na mbongo te !

- Eloko Nini okoluka ? Solola bien !


les cambistes. D’autant plus que NCJ n’est pas, ce soir, et pour cause, dans sa meilleure forme.

Adieu, Princesse !

Leka !

Et si j’intitulais (à chaque personnage son titre ou son sous-titre, non ?) mon texte : « Le Royaume du Congo (en sigle RDC), la princesse Citronnelle et la ville franche de Butembo », ça te ferait plaisir ?

Bon, la dernière boîte de mouchoirs en papier est bientôt terminée. Après, on ne pleure plus, on arrête de faire semblant…

Encore un coup de fil, juste avant

- Déjà ?

d’aller dormir et juste avant qu’il ne se mette à pleuvoir très sérieusement : Marie-José Engulu. Son papa

- Ce sera à la maison ! Baskets et jeans admis ! Amis bienvenus ! Tu pourras t’habiller comme tu voudras !

nous attend à déjeuner, samedi, vers 13-14 heures…

L’orage gronde. Une tempête s’annonce, s’amène, s’approche, surgit, déboule, déferle. Une tornade, un cyclone ou même

- Comment appelle-t-on ça par ici ?

un ouragan. A l’assaut de la ville. Attaquant de partout. Furieusement. S’emparant peu à peu de toutes les communes et de tous les quartiers de Kinshasa. Avenue après avenue. Rue après rue. Parcelle après parcelle. Par vagues successives.

- Demain, les taxibus et les taxis hésiteront à sortir de leur parking (un commissariat de police de quartier, le lotissement d’une église, chez une maman pasteur à Yolo-Sud)…

Je me dépêche d’éteindre les lumières et de couper la clim. Pour mieux voir la pluie s’abattre, creuser des ravins, jeter à terre des murs de clôture et

- Et tuer des gens !

emporter des maisons. Et pour mieux entendre la foudre claquer, cogner, ricocher, rebondir et frapper à nouveau et

- Et rovoquer la mort d’autres personnes encore ! Les foudroyer ou les blesser gravement !

renverser

- Les écraser ou les électrocuter !

des arbres.

Un certain nombre de sinistrés des dernières grandes pluies torrentielles qui ont dévasté la ville de Kinshasa (trente morts !), les sans-abri des « sites » Bribano, Socopao, Birmanie, Pakadjuma et du Camp Koweit à Limete (et aussi, me dit-on, du quartier Jamaïque à Kintambo), ont été transférés, très loin du fleuve, du port et de leur gagne-pain, sur la colline de Kikimi (où les serpents abondent, agités, activés et actionnés

- Déjà un mort et plus de sept personnes mordues !

par le chef coutumier du lieu… à qui des terrains ont été achetés mais n’auraient pas encore été payés… et qui tient à faire valoir ses droits et ses pouvoirs) dans la commune de Kimbanseke. Les tentes tôlées et bâchées (de 2,5 x 6 mètres, avec un encadrement en bois) mises bruyamment

- Avec une bonne couverture médiatique … et ministérielle : le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, bien sûr… et aussi le ministre de la Santé publique, venu avec un lot de médicaments et la promesse de l’érection « imminente » d’un dispensaire !

à la disposition des « Bribano » et de leurs familles résisteront-elles à la bourrasque ?

Une première maison-type a également été construite, en dur. Elle tient lieu actuellement de cachot…

Nadine était sortie lorsque l’orage a éclaté. Elle passait la soirée chez une de ses copines.

Est-elle bien rentrée ? En bon état ? A temps ? Trempée ? Après le déluge ? Ou avant que ça ne se mette à péter sérieusement ? A-t-elle dû attendre la fin de l’orage ? Vers deux heures du matin ?

Et Cédric, où a-t-il passé la nuit ?

Soyons odieux et

- Demain, on ne roulera pas beaucoup, dans les rues trouées de Kinshasa… Irai-je à Matonge, Ngiri-Ngiri, Bandal ou Kintambo ?

grognonnons bassement.


Ecrire à Butembo - Chapitre 14 -Journée morte, journée de pause (sans crédit téléphonique ni moyen de déplacement), j’en profite... Faux moto !

Didier de Lannoy
Butembo !
sous-titré On m’envoie écrire ailleurs ! Ici, je dérange trop ? compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps, à Kinshasa, 23 novembre 2007 - 11 janvier 2008
*
Extraits

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Journée morte, journée de pause (sans crédit téléphonique ni moyen de déplacement), j’en profite pour mettre un peu d’ordre dans mon texte, huiler des rouages et serrer des boulons, à la maison, dans la chambre, sur le lit, presque à poil

Faux moto !


Princesse Citronnelle

- Un personnage de moins à gérer ! Ça risquait de devenir très compliqué : des prestations à accomplir certainement, des arrhes à verser sans doute…

a, certes, été virée

- Par un salaud !

comme une salope, après une dizaine de pages seulement

- Oui, mais elle prenait trop de place, petite chérie ! Une place dont elle n’était pas digne, qu’elle ne méritait pas…

- Quoi donc, douchka, tu embauches une bonne femme, une Citronnelle ou une Pétronille (où vas-tu chercher des blazes pareils, des noms de scène, d’eau pétillante et de ngeli-ngeli ? je parie qu’elles s’appellent Mamie et Claudine, comme tout le monde, non ? tout comme la copine de ta copine Bibish ne s’appelle sûrement pas Kabibi ?), uniquement pour faire de la figuration, mettre des petites aubergines et du pili-pili entier dans tes préparations fadasses ? Tu les embauches et puis tu la jettes ?

- D’abord, Citronnelle, ce n’était pas moi, petite chérie ! Je n’y étais pour rien ! Ni demandeur, ni preneur ! C’était sûrement NCJ qui avait monté le coup avec Pétronille pendant que j’étais aux toilettes (et quelles toilettes !) ! Ensuite, je ne l’ai même pas « embauchée » comme tu dis !

- Et c’est NCJ aussi, j’imagine, qui a dit à Citronnelle que tu aimais bien le mfumbwa ? Il ne faudrait pas que tu continues à me prendre pour une idiote, douchka !

mais que deviennent à présent certains autres comparses et appariteurs, bien boutonnés, tout à fait remarquables, sortant du lot, pleins d’avenir : NCJ lui-même

- Encore un peu de patience ! La punition de NCJ n’est pas tout à fait levée ! Et mes lecteurs doivent se faire à l’idée que je ne suis pas complètement maître (ça m’arrange plutôt bien, eh !) de mes paroissiens… de ce qu’ils pensent, de ce qu’ils font et de ce qui leur arrive ! Je suis plutôt à leur merci ! Je les suis et ils me précèdent !

et, bien sûr, Cédric, le petit bouchon, le petit bout’chou, le petit chouchou, celui que tout le monde préfère ?

Cédric tient toujours bon. Il résiste à tout.

Ce personnage-là ne peut normalement pas (à moins d’un problème grave) disparaître subitement. Il passe tous les jours à la maison.

Nadine, alias « Mamounet », alias « Mima », aime discuter avec Cédric. Elle s’assied sur une marche et lui pose de petites questions auxquelles Cédric prend plaisir à répondre, timidement, en souriant d’un air embarrassé et en se torturant l’avant-bras gauche. Elle lui demande ce qu’il veut être plus tard.

- Mécanicien, soldat, chauffeur de taxibus, pompiste ?

- Te !

- Même pas chanteur, comme « Kotazo » ?

- Teee !

- Quoi alors ?

- Mokonzi !


Ecrire à Butembo - Chapitre 26 - Les Béjarts et La Crèche - Bompikiriki !

Didier de Lannoy
Butembo !
sous-titré On m’envoie écrire ailleurs ! Ici, je dérange trop ? compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps, à Kinshasa, 23 novembre 2007 - 11 janvier 2008

Extraits


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Les Béjarts et La Crèche

Bompikiriki !


Et les Béjarts ?

J’y suis allé, oui ! Et je ne l’ai pas regretté. J’y ai

- J’avais prévenu Bibish, par téléphone : je viens avec un Mundele un peu (beaucoup) voyou, mais je l’aime bien quand même…

- Un peu voyou ? Ça ne ne dérange pas, Vié ! D’ailleurs, dans le style malappris, tu ne te défends pas mal aussi, non ?

entraîné Viktor (qui, pour une fois, ne sortait d’un embouteillage sur la route de l’hôpital de Kintambo). Je ne me suis même pas

- D’habitude, en public, la culture m’emmerde… et le cinéma, la littérature et le théâtre aussi ! Tous les « arts » (sauf le blues, le rap, la salsa et la musique congolaise moderne) me font roupiller ! Et même carrément ronfler ! Ce qui, dans une salle de spectacle est plutôt gênant, tant pour les acteurs que pour le public !

endormi. L’aurai-je voulu, l’un ou l’autre moustique n’aurait sûrement pas manqué de me rappeler à l’ordre…

Et nous avons été

- Charmés ?

- Eblouis !

très très bien reçus, éblouis et charmés. Et Viktor s’est

- Ouf ! Il ne m’a pas foutu la whonte !

très très bien tenu. Et tout le monde a

- « Très, très» … Tu zozotes à présent, douchka ? Tu stresses ou quoi ?

passé une très très bonne soirée…

Et La Crèche, tu l’attaques à présent ?

J’aime les concerts, oui ! Mais je n’ai jamais aimé aller « là où je dois aller ». Alors, je ralentis, je décélère, je tergiverse, je me gratte… Je ne suis jamais pressé de me rendre là où tout le monde

- Qui ça ?

- NCJ, « Qui Saura »…

me presse d’aller et où tout le monde

- Qui ça ?

- Evoloko (il y joue tous les dimanches soir et on l’a déjà prévenu, on lui a dit que j’étais à Kinshasa)… et, peut-être aussi (mais c’est moins sûr) Freddy Tsimba, Riva et Vincent Lombume qui habitent le quartier… Ou Citronnelle (dissimulant une brosse à cabinet, un tuperware de mfumbwa et un biberon de tangawisi dans un sac en plastique) encore ? Danger !

m’attend. Et les gens qui me pressent et m’attendent depuis si longtemps, je leur dois sûrement quelque chose, non ? Et je serai bien obligé de « tenir la forme » (sur base de quelle image ? encore faudrait-il que je me rappelle celle que je leur ai laissée, à chacun, dans le temps ? et ce n’était pas toujours la même ?) et de ne pas les décevoir, non ?

Et puis je connais très bien l’endroit, tel qu’il était, il y a dix-sept ans, et ce n’était

- On préférait le Self ! Et Tonton Mbaki !

pas notre bar attitré, alors, à Muka et à moi…

Bon, alors, tu te décides ? Tu attaques ou quoi ?

On verra, on verra…


Muka, alias « Tantine Betena », alias « Motema Magique », me tanne.

- Et pourquoi tu n’essayerais pas quelques nouveaux bars, douchka ? Ceux où des orchestres se produisent: « Chez Bibi », au dancing-bar « Dekindard » ou à l’espace « Mimy » à Kintambo… tout ça n’est pas très loin de chez Nadine, j’imagine ? Ou au dancing-bar « Compteur à zéro », chez Carmel, sur Dodoma, dans la commune de Kinshasa ? Ou chez Sébastien, à N’Djili, Q.1, là où Bana OK joue tous les vendredis ? Ou même « A la Main d’Or » dans la commune de la Gombe, avec JB Mpiana ? Ou encore à la fameuse kermesse « Katanga Chaleur » qu’on organise d’habitude sur l’avenue Shaba, dans la commune de Kasa-Vubu ?

- Comment sais-tu tout ça ? Qui t’a amenée danser là-bas, Filip et Maliq ?

- Parano, va !

- D’accord, d’accord… Mais ces bars et ces endroits-là, c’est comme Butembo, petite chérie, je ne les connais pas encore ! Je pourrais m’y trouver mal à l’aise… Comme d’habitude, je me pose plein de questions… A quel prix vendent-ils la bière ? Y a-t-il un droit d’entrée ? Citronnelle fréquente-elle ces lieux de sape et d’ambiance (brandissant une brosse à cabinet et cherchant à me barbouiller le visage et à me badigeonner les habits de mfumbwa : « poto-potooo ! » …puis me renversant sa flasque de tangawisi sur la caboche et la braguette et me shampouinant les tifs et le pubis : « yombooo ! ») ? Où se trouvent les toilettes ?

- Demande à « Qui Saura », douchka !

- Oui mais « Qui Saura » sait-il encore, après 15 ans passés en Angola ? Il faudra sans doute que je m’informe ailleurs…


Cette nuit, j’avais décidé de monter au Paradis pour casser la gueule à tous les fouteurs de merde sur la terre des hommes : Dieu, la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, la Monuc, l’Union Européenne, l’Ambassade des Etats-Unis, l’Ambassade de Belgique et toute la communauté internationale. Malheureusement, je n’avais pas choisi le bon jour ni la bonne heure. J’avais choisi le moment où

- Délestage ? Provoqué par les « services », douchka !

- Je n’en doute pas, petite chérie !

les ascenseurs étaient tombés en panne. Arrivé à mi-hauteur de l’immeuble, à court de souffle, je m’apprêtais à renoncer, à faire demi-tour et à redescendre les escaliers… comme Viktor pris dans un embouteillage sur la route de l’hôpital de Kintambo. C’est à ce moment-là que Muka

- En plein sommeil !

me réveille et me passe commande d’un

- Je ne sais pas comment ça se dit en lingala, douchka !

« awale » pour Marychelo, et de

- J’irais bien au « Mate »… demander à Citronnelle, mais…

- Ne me raconte pas d’histoires, douchka ! Tu l’as déjà virée, ton potiron (soki ta gourde, soki ta courgette, soki ta citrouillette) ! Tu l’as zappée et elle t’a barbouillé de poto-poto ! Maintenant tu n’as plus qu’à aller au marché, comme tout le monde, quoi !

mfumbwa pour Antoinette, d’un gros sachet de nguba fraîches pour Honorine et aussi

- En bon argent du Congo !

- Plusieurs petites coupures ou une seule grosse (et, bien sûr, je me garde la différence !) coupure ? Des billets neufs ou usagés ?

l’équivalent de quelques euros en francs congolais pour la collection de Thierry Jacquemin, le neveu de Jipéji…

Sans doute ce rêve signifie-t-il que je n’ai pas du tout envie d’aller à La Crèche où les ascenseurs, depuis plus de dix-sept ans, sont toujours en carafe… comme ceux qui auraient dû m’amener au Ciel ! Me voilà donc tout à fait réveillé. Pas moyen de me rendormir. Mais, heureusement, le courant

- Changement de mentalité !

se rétablit subitement, bien après minuit, à une heure où plus personne ne s’en sert… Sauf moi ! Et je me mets à tapoter, tapoter, tapoter sur mon PC en attendant que le sommeil revienne…

Et Cédric, le petit bonhomme ?

Il continue de passer tous les jours

- Il passe tellement souvent que tu finis par ne plus le voir, douchka ?

- C’est une accusation, petite chérie ?

à la maison…

Et Lolo ?

On attend… On attend toujours…

Mais j’ai fait quand même la connaissance de Prisca, une petite nièce que je ne connaissais pas encore et j’ai revu

- Ça fait longtemps !

Marthe, alias Made, une sœur de Maman Denise, que je connais depuis toujours… mais dont j’avais

- Sans doute parce qu’elle était trop gentille, trop modeste ?

totalement oublié l’existence… et que, pourtant, j’ai immédiatement reconnue !


Ecrire à Butembo - Chapitre 28 - La paix retrouvée - Pesa mokongo, tanda biloko!

Didier de Lannoy
Butembo !
sous-titré On m’envoie écrire ailleurs ! Ici, je dérange trop ? compte-rendu en musique d’un voyage dans le temps, à Kinshasa, 23 novembre 2007 - 11 janvier 2008

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La paix retrouvée

Pesa mokongo, tanda biloko!


Boboto ?

Attaques incessantes et multiformes ! Le Nord-Kivu est agressé de toutes parts !

- Le général Laurent Nkundabatware ou des dissidents Banyamulenge ? Le Rwanda, le Burundi ou l’Ouganda voisins ? Jackson (qui c’est ce gars-là ?) ? Les FDLR rwandais, les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur LRA (dont le fondateur et commandant suprême, Joseph Kony, ne prétend pas quitter le Parc de Garamba où il s’est planqué avec ses « troupes », dans le district de l’Ituri, en Province Orientale) ou encore les FDD ou les NALU (c’est quoi ces deux derniers bazars ? d’autres groupes armés étrangers qui se sont installés sur le sol congolais, dans le massif du Ruwenzori ?) ou les Mbororo ?

Les Mbororo ? Ah non ! Pas vraiment ! Pas du tout !

Et, d’ailleurs, l’ « invasion » des Mbororo

- La terre appartient à Dieu ! disent ces éleveurs nomades venus du Tchad, de Centrafrique ou du Soudan…

dont les troupeaux sont accusés de ravager les cultures et de souiller les sources… c’est dans la Province Orientale que ça se passe et non pas au Nord-Kivu.

Non, pas les Mbororo ! On signale (radiookapi.net repris par « Le Potentiel » et « Le Palmarès ») plutôt une invasion de Wilt ! Le Wilt bactérien dévaste les bananeraies de la chefferie de Bakumu, du côté du Nyiragongo ! Les régimes et les feuilles de bananier jaunissent avant leur maturité ! La production hebdomadaire de « boissons locales » à base de banane est passée de 200 litres à 60 litres ! Les producteurs

- Comment allons-nous payer les frais scolaires de nos enfants ?

se plaignent !

Et les consommateurs aussi !

La région de Butembo est-elle également menacée ? Y plante-t-on des bananiers ? Existe-t-il une variété de bananes qui poussent en altitude ?

Boboto ? Surtout ne pas oublier de téléphoner à « Qui Saura »… sinon il me me fera la guerre ou, à tout le moins, me tirera sérieusement la gueule... et de lui dire que

- Quel est le problème ?

- J’ai un mariage !

« demain ça ne va pas » et de lui donner plutôt rendez-vous

- J’y serai avec NCJ ! Et peut-être aussi avec Riva !

dimanche à La Crèche, au concert d’Evoloko Joker…

- Ah ! Ainsi donc NCJ remonte à la surface, douchka ? Peu à peu ?

- A peine.

- Et Bibish ?

- Sans doute est-elle entrée au couvent…Mais je lui envoie quand même, comme à tout le monde, avec persévérance, mes voeux collectifs : Bonne allée ! Et d’habitude, elle répond à son Vié… sans trop se presser, sans atermoiements funestes ni précipitations inconsidérées… Elle me gère à distance, quoi !

- Et Citronnelle ?

- Chuuuut… C’est à cause d’elle que tu as pris l’habitude de me téléphoner vers quatre ou cinq heures du matin ? Et tu t’étonnes que je sois fatigué ?

- Et Cédric ?

- Pas encore vu aujourd’hui. Ni hier… A mon avis, il ne passe pas bien les fêtes…

- Et Anaya ?

- Je vais appeler Marie et Ya Nze pour avoir de leurs nouvelles et des nouvelles de la petite…

- Et moi ?

- Tu viens de m’envoyer un SMS… Tu me fais une déclaration d’amour « à cause de Bashung » que tu n’as pas arrêté d’écouter toute la nuit… mais tu n’oublies quand même pas de me demander de te ramener (du mfumbwa et du tangawisi ?) des mikungu nettoyés, blanchis et congelés.

- Et tes apnées ?

- Je viens d’en avoir une, cette nuit ! Depuis le temps, ça commençait à me manquer… Comme toi, petite chérie !

- Et le match JB-Werra, qui jouera le premier ?

- La montée sur le podium sera tirée au sort à l’aide d’un bouchon de Primus, au stade même, juste avant le début du match ! On dit que Werra a été se faire bénir par des chefs coutumiers à Kikwit et qu’il débarquera au stade en hélicoptère !

Bobotooo ! Me voilà parti pour différentes activités pacifiques. D’abord un mariage au Sacré-Cœur, suivi

- Devine qui j’y ai rencontré, petite chérie…

- Wendjo, Ekala et Lutele ?

- Wendjo Okitandjeka et Madame ! Lutele Nseka et Madame ! Toutes ces madames n’ont pas changé de monsieur ! Mais Ekala, lui, n’était apparemment pas sur les listes… Etait aussi présent Nsokimieno, un ancien cadre de la Fonction Publique que tu n’as sans doute jamais rencontré mais qui s’entendait très bien avec Françoise Lambinet ! Il a été le directeur de cabinet de Théo Baruti Amissi à plusieurs reprises ! Et devine à présent, petite chérie, quel orchestre jouait…

- Celui de Barly Baruti ?

- Gagné !

d’une fête qui, évidemment, malgré le délestage et grâce à un groupe électrogène performant, ne se terminera pas avant l’aube… à l’heure où les premiers taxibus commencent à circuler…

Bobotooo ! Je fais partie de ceux qui s’installent du côté gauche de la nef centrale, du côté où se trouve la chorale. Les garçons sont derrière et les filles devant. En général, plus elles sont moches, mieux elles chantent. Mais aujourd’hui, ce n’est pas « comme d’habitude ». La plus belle voix sort de la plus belle bouche et

- Et du plus beau corps !

j’en fais la remarque à

- Oh, Didier ! C’est toi ! Tu es à Kinshasa ?

- Regarde, il y a une « Petite » (majeure bien sûr, mais une taille de biche, ne nous y trompons pas !), juste au milieu du groupe, qui n’est pas mal du tout, non ? Surtout lorsqu’elle ouvre grand les yeux et immense la bouche et gourmandes les lèvres… et soulève haut la poitrine pour chanter avec force les louanges du Seigneur, non ?

un des mes anciens patrons, le secrétaire général Panuka, près de qui je m’étais assis… et qui

- Oh, Didier !

fait semblant d’être très choqué ou de ne pas m’avoir entendu et… et

- Arrête d’écrire des conneries, douchka ! Roger Panuka va se fâcher et il n’aura pas vraiment tord ! Tout le monde n’est pas censé savoir que tes « histoires vécues » et « sonnant vrai » sont le plus souvent inventées de toutes pièces ! Tout le monde n’apprécie pas tes « taquineries »…

et… jette quand même un… petit coup d’œil rapide et… s’attarde… à peine… mais quand même…

Mais, mais, mais d’abord, d’abord et d’abord, avant de m’installer, j’avais évidemment

- Tu connais mes procédures d’atterrissage, petite chérie !

procédé à un rapide repérage des lieux… Là, ce sont des confessionnaux et non pas des toilettes… Et ces petits bidets, ici-bas et là-bas, à l’entrée, ce ne sont ni des cendriers, ni des crachoirs, ni des lavabos mais

- Pas non plus moyen de pisser dedans, petite chérie ! Trop hauts !

des

- J’ai toujours rêvé d’y jeter une poignée de petits diables turbulents comme des tétards… ou, à la rigueur, quelques cachets effervescents ! Histoire de mettre un peu d’ambiance dans la salle…

bénitiers… Heureusement que j’avais pris mes précautions : la Skol que Marie, l’épouse de JP Kabeya (alias « Le Mari de Marie »… ainsi que Lutele, alias

- Et alors ? Tu aurais préféré sans doute que je m’appelle Gaston-Bonheur ou Jean-de-nom-de-Dieu ?

« Jean-Bernard », prend plaisir à le lui rappeler à haute voix devant tout le monde), m’avait

- A la maison, petite chérie ! Qu’est-ce que tu crois ? Pas à l’église quand même, ni au Valdano !

offerte avant qu’on ne se rende d’abord chez Théo et, ensuite, à l’église, je l’avais déjà éliminée au Royal, 6ème étage, chez les parents de la mariée... Je pourrai tenir le coup au moins une heure !

Ne nous laissons pas distraire par de sordides problèmes d’intendance. Soyons plus

- Nzambe amonaka nionso, petite chérie ! Dieu a des très bons services de renseignements, de recherche et de documentation ! Il faut faire gaffe quand même !

sérieux, faisons honneur à Théo et à Béatrice (qui marient leur fille), à Greta et à Mark (qui marient leur fils) et à JPK et à Marie (qui sont les témoins de ce mariage) et prions tous ensemble pour

- Blaise et Véronique ?

- Wied et Angel, Ducon !

les jeunes mariés…

A la mi-temps, le disk-jockey invite les clients de la boîte à

- Non merci, Monsieur le Père, je suis végétarien !

passer à table. Des chips ! Et une seule par personne ! Et on ne sert même pas à boire ! Puis, à fin du spectacle (beaucoup plus

- Il y a des gens qui ne suivent pas la pièce depuis le début et qui s’étonnent ensuite de ne rien comprendre à la dernière scène !

de monde à la fin qu’au début), les gens se prennent et

- La paix ! Boboto !

se touchent et se secouent les mains et

- Eh ! C’est toujours bon à prendre, non ? Surtout au Kivu ! Et au stade des Martyrs !

- Au stade, douchka ?

- Ben oui, c’est bien là que Werrason et JB Mpiana vont s’affronter, non ?

je joue le jeu…

Ça fait combien de temps

- Longtemps !

que je ne suis plus venu au Congo et combien de temps

- Longtemps aussi !

aussi que je ne suis plus rentré dans une église ? Une des dernière fois, c’était à Kinshasa, ici-même, dans cette église, au Sacré-Cœur, pas loin de l’avenue Major Vangu (mieux connue sous le nom de l’avenue du Comité urbain) où nous tenions un nganda très (mal ?) fréquenté, en face

- Et à côté du lycée Bosangani où Bibish a fait ses études secondaires, n’est-ce pas, douchka ?

- Longwa kuna, petite chérie ! A côté de « l’hôtel-couvent » où toutes les ex-religieuses et les jeunes filles chrétiennes « de bonnes vies et mœurs » trouvaient refuge… et venaient se faire draguer par Antonio Lanzas, ton père, ou par les autorités du Parti-Etat (ou, quelquefois, leurs chauffeurs : beaux parleurs, sapés comme des chanteurs de Zaïko ou de Viva la Musica, bien voiturés) ! Là où Antoinette Safu Mbakata a logé quelques mois avant de venir à la maison, non ?

du collège Boboto, pour le mariage d’Hortense et de Lup… dont j’étais le (mauvais ?) témoin ! C’est horrible à dire mais rien n’a vraiment changé ! La « sainte fête de Noël » à Kinshasa, dans une « étable obscure sous un ciel étoilé » ? Tu parles !

Je pense envoyer un SMS à Muka : « Surtout ne m’appelle pas, je suis à l’église ! ». Puis je me dis que c’est beaucoup trop dangereux. Elle ne va pas pouvoir se retenir…

Bobotooo ! Après le mariage au Sacré-Cœur, voici donc venu le temps

- Je dois bien ça à NCJ et à « Quoi Saura », mes rabatteurs !

- Tu n’es même plus capable de chasser tout seul, douchka ? Okomi mobange ! Et quand la biche magnifique passera devant la fenêtre de sa chambre, le jeune et beau chasseur, devenu végétarien, tirera à côté sans doute ?

du concert à La Crèche…


Bobotooo ! Je lis un message de vœux paru dans « Cocorico », du 28 décembre 2007 :

« A l’occasion des fêtes de Noêl et de Nouvel an 2008, le Président Didy Kinwani et le Personnel du Groupe Dikin se font l’honneur de présenter leurs meilleurs vœux d’espoir, de succès et de grandeur :

- Au Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE ;

- Au Président de la République de l’Angola, Son Excellence Monsieur Eduardo DOS SANTOS ;

- Au Premier Ministre Antoine GIZENGA FUNJI et à son Gouvernement ;

- A toutes les institutions de la République Démocratique du Congo ;

- A son Excellence Monsieur JOAO MAWETE Batista, Ambassadeur de l’Angola en République Démocratique du Congo ;

- A son Excellence Monsieur le Gouverneur de Kinshasa, André KIMBUTA YANGO ;

- A tous leurs aimables et fidèles clients et

- A la nation Congolaise toute entière.

Puisse le Très Haut couronner les efforts des Africains en général et du peuple congolais en particulier, de voir le géant continent Africain se développer rapidement et ses populations retrouver la paix tant recherchée. »


Bobotooo ! Dois-je attendre la fin

- Et une issue heureuse ?

de la Conférence de Goma pour clôturer ce chapitre ?

On annonce le retour de Jean-Pierre Bemba Gombo à Kinshasa, après les fêtes. Boboto ? Et le report au 6 janvier 2008 de l’ouverture de la conférence de Goma. Boboto ? Et… l’annulation, en dernière minute, par

- Pour quels motifs ? ChaRivari, ramdam, chambard, barouf, boucan, grabuge, tapage, vacarme ?

- Pire !

WERRASON

vs JB MPIANA

peur d’un autre grand fara-fara qui pourrait faire basculer toute la ville de Kinshasa et le Congo tout entier dans la violence. Boboto ? J’ai déjà beaucoup écrit sur la paix, non ? C’est lassant à la fin, non ? On peut passer tout de suite à autre chose, oui ?